Tandis que les budgets sont réduits de 200 millions d’euros dans les EHPAD publics, dans le privé les profits explosent : les établissements ne sont pas tous soumis aux mêmes contraintes. 

Les EHPAD publics doivent accueillir toute personne sans discrimination, quels que soient leur degré de dépendance et leurs ressources financières. Ils accueillent les cas les plus lourds, nécessitant une prise en charge plus coûteuse et les personnes dans les situations sociales les plus précaires.

Groupes cotés en bourse

Contrairement aux établissements publics, dans le privé le tarif d’hébergement est libre, ce qui permet de l’augmenter. De plus le privé bénéficie d’avantages comme le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) : des millions supplémentaires (6 % de la masse salariale pour les salaires inférieurs à 2,5 fois le Smic). 

Cela permet au privé d’accumuler des profits. Certains groupes sont même cotés en bourse, comme Korian avec ses 24 158 lits, qui a réalisé 15,5 % de marge et un bénéfice de 6 %, en 2016. En cinq ans, il a doublé les dividendes versés aux actionnaires et, au premier semestre 2017, dégagé 38 millions d’euros de bénéfices contre 32 un an plus tôt. Orpea, qui compte 19 598 lits, a dégagé un excédent brut de 17,4 % au premier semestre, soit 258,8 millions d’euros, un renforcement de son patrimoine immobilier de 545 millions d’euros, pour atteindre 4,6 milliards. 

Retour sur investissement

Depuis des années, les maisons de retraite sont rachetées par d’autres groupes comme DomusVi, Colisée, Domidep, les Opalines, qui détiennent tous près de 50 établissements. 

Ces groupes appartiennent pour la plupart à des fonds de pension qui exigent un retour sur investissement. Ce qui se fait au détriment de la prise en charge des personnes âgées et au prix d’une maltraitance institutionnelle qui se généralise, de conditions de travail terribles et de bas salaires. Le taux d’encadrement des personnes âgées est en effet inférieur dans le privé, avec en moyenne 61 agents pour 100 résidents, contre 80 pour 100 dans les établissements publics les mieux dotés.

Un rapport, publié mi-septembre après une mission parlementaire « flash », relevait des conditions de travail « particulièrement préoccupantes tant d’un point de vue physique que psychologique » en particulier pour les aides-­soignantEs, un taux d’absentéisme moyen de 10 %, un taux d’accident du travail deux fois supérieur à la moyenne nationale. 

Des raisons de se battre pour une prise en charge digne des personnes âgées, des postes et des salaires qui permettent de vivre.

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Ce n’est pas la misère

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